Tissages et métissages

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Uyuni est une drôle de ville. Touristique car c’est le point d’entrée principal sur le salar, et pourtant délaissée car elle n’intéresse personne une fois la visite du salar organisée. Et pour cause. Pas grand-chose pour retenir le voyageur, à moins d’aimer se prendre pour un cow-boy arpentant des rues désertes, poussiéreuses et pleines de nids de poule qui semblent filer vers nulle part.

Les sacs plastiques balayés par le vent glacial se prennent dans les rares buissons et les déchets s’entassent en bordure de la ville.

Pourtant nous y passerons deux nuits calmes, à l’entrée d’une caserne militaire dont on se demande ce qu’elle peut bien contrôler et surtout en face d’une délicieuse pizzeria tenue par un couple américano-bolivien. La pizza au lama épicé nous a laissé un souvenir impérissable…
Le dernier jour, après avoir soigneusement débarrassé Solaris de la croûte de sel ramassée sur le salar, nous partons à l’aube visiter le cimetière des trains qui se trouve juste à la sortie d’Uyuni. Ces locomotives à vapeur rouillées des années 30 résument bien le déclin de cette ville à l’abandon, qui fut sans doute à l’époque un noeud ferroviaire important.

Ambiance MadMax, mais les enfants s’éclatent dans ce terrain de jeux grandeur nature!

Quel contraste quand quelques jours plus tard nous arrivons à Sucre, capitale officielle de la Bolivie! Blanche, accueillante, au climat agréable, nous retiendrons d’elle son marché coloré avec ses délicieux jus de fruits ainsi que son musée d’art indigène, incontournable, qui nous fait découvrir les traditions et techniques de tissage passées et modernes des régions de Tarabucco et de Jalq’a.

De façon tout à fair surprenante, ces productions textiles d’une qualité exceptionnelle connaissent depuis quelques années un nouvel essor. Les techniques de tissage, loin de se perdre n’ont apparemment jamais été aussi innovantes, créatives, prisées. Enfin reconnues comme des oeuvres d’art, ces textiles font vivre des communautés entières grâce à une exportation à des prix qui paraissent élevés, mais ne font que refléter les mois de travail nécessaires à leur élaboration.

Les tisseuses les plus douées réussissent à entrelacer un nombre infini de figures zoomorphiques, anthropologiques ou représentant leur vision de la cosmogonie. L’origine de ces pièces est instantanément identifiable car les tissages sont très typés par région. Les hommes tissent également mais des tissus aux motifs très différents avec plus de mélanges de couleurs.

La visite du marché du dimanche de Tarabucco à 70 km de Sucre nous fait rencontrer une population principalement indigène et profondément rurale. Je m’amuse du contraste entre la simplicité (pour ne pas dire la rusticité) de leur sandales, fabriquées en pneus de vélo recyclés, par rapport à a finesse de leur ponchos tissés ou à la richesse de leurs chapeaux décorés de perles aux couleurs du drapeau bolivien.

Après Sucre, nous quittons les « Collas », boliviens au caractère aussi rude que les hivers de leur Altiplano, pour aller à la rencontre des « Cambas » de l’Oriente, nés du métissage des indiens Guaranis avec les Espagnols, extravertis et aussi chaleureux que le climat de leur région. Un tout autre visage de la Bolivie nous y attend…

 

 

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Une réponse

  1. Mamiçoise
    | Répondre

    Fabuleux reportage, extraordinaires images !

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